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lundi 21 octobre 2013

Trek à Bada Bhangal: Part 2: Bada Bhangal - Vitha Thapa - Dhardi village - Nayagraam Village // Version Française

Je vous retrouve donc pour vous conter l'épic deuxième partie de notre trek. Comme il avait beaucoup neigé sur le deuxième col, il a fallu changer d'itinéraire :( . Mais bon, on le savait déjà au départ de notre trek... Donc au lieu de passer par Kalihuin Pass, on passera par une vallée latérale appelée Vitha Thapa, par un chemin ''de trappeur'' composé de plein de danger points et de trucs louches du genre. Certains indiens virent au gris, moi j'ai un grand sourire !

Mais avant de partir de Bada Bhangal, je dois reprendre mes mauvaises habitudes de soldat sanitaire et jouer au médecin (bon ok, il ne s'agit que de percer des cloques à quelques potes, c'est nul je sais). Donc soirée en ambiance médecin de cambrousse à la lueur de ma frontale et au rythme des ''Euhh, will it hurt?'', 'm'amuse comme un gamin de 10 ans!

Autre fait intéressant: Bada Bhangal est un village producteur de certains substances, raison pour laquelle les villageois refusent l’ouverture d'une route d'accès :)

On se lève de nouveau très tôt car la journée qui s'annonce sera longue et pénible. Il faudra traverser des zones totalement rocheuses (par là entendez de la progression sur rocher facile) et quelques ''danger points'', ce qui sera une première pour la quasi totalité du groupe. En route pour 14 km de défilé rocheux dans ces converses de montagne que j'affectionne tant.

Pentes raides, rivière au fond
Birbal
Birbal était l'un de nos 3 porteurs/guides, il faisait un peu office de ''maman de camp''. Toujours occupé à s'enquérir de l'état de mon assiette, à me proposer de boire des alcools louches (et accessoirement à se prendre des cuites avec un des autres guides :) ) etc. Exemple type de dialogue:

- ''Matiou, you want more?'' (alors que mon assiette est encore pleine)
- ''After, after...'' que répond-je.

Autres phrases types: '' Matiou, ciapatti?'',  ''Matiou dissie (alcool de chose) ?? '', ''Matiou...''

Chemin creusé dans la falaise

L'endroit est pas moche...
Après quelques heures de marche, on tombe finalement sur un petit havre de paix: un replat encaissé entre deux montagnes. Cerise sur le gâteau: on trouve un abri utilisé par les locaux pour passer la nuit.

L'abri


 Mais c'est à partir de là que les choses commencent à se corser. Le chemin devient de moins en moins bien tracé sur certaines parties, les pentes plus raides et les passages en rocher plus fréquents et plus impressionnants. En effet nous progresserons désormais au milieu d'une énorme pente bien raide. Rappelons que la principale caractéristique de l'Himalaya est que tout est 15 fois plus grand que dans les Alpes, je vous laisse imaginer pourquoi notre aventure du jour en impressionnera plus d'un.



Nous atteignons finalement l'endroit où nous passerons la nuit. A noter qu'au passage, j'éventre mes converses de montagne, celles-ci se transformant soudainement en GEOX (la chaussure qui respire... dans les deux sens!) Tout le monde est content, car la journée a été éreintante. Ce soir, activité spéciale, on dormira à la belle, protégés par un pan de falaise/demi grotte. La place faisant défaut, on reprend nos bonnes vieilles habitudes de notre première nuit. 

Dharmpal, Ritesh et Sartek

Nuit pleine de courbatures... heureusement la journée qui vient ne sera pas trop longue. Nous devons franchir les derniers ''danger point'' et rejoindre le village de Dhardi où nous passerons la nuit suivante.

Par en haut


Le... ''chemin''

Du caillou partout

On sort finalement des difficultés. Il ne nous reste que 3 heures de marche avant le village de Dhardi, où nous profiterons de l'hospitalité d'une famille de montagnards, ainsi que d'un retour à la civilisation (autrement dit ils ont des biscuits et des bonbons!). On croise également le ''garde-chasse'' et son bodyguard (le garde-chasse devant peser 50 kilos tout mouillé), les deux totalement déf', comme quoi la marchandise de Bada Bhangal s'exporte plutôt bien :p . Souper chez nos hôtes, ambiance un peu bizarre mais simpa quand même. Je vous laisse deviner l'espace qu'il y avait pour dormir dans la cabane (depuis le temps vous devriez être capable de trouver tout seul).


Manish, Dharmpal et Sartek

Perdu au poker? Bakchod?
Nuit bien au chaud, on entend la pluie, la journée de demain s'annonce plus humide que prévu!

Levés sous un ciel plus que couvert, toutefois la pluie s'est arrêtée. On voit qu'il a neigé en altitude et on est bien content de ne plus y être. La couleur du terrain a changé, la montagne arborant désormais ses couleurs d'automne.

Le matin, vue direction Bada Bhangal

Yogindra fait le dragon
Nous partons pour nos dernières heures de marche. Le but de la journée est le village de Nayagraam, un village féérique rempli d'échoppes vendant du chocolat. Sur la route on s'arrête prendre un chaï dans une petite maison où vit toute une famille.

Peu avant notre arrivée à Nayagraam village

On voit le théorique dernier virage avant l'arrivée, et crac syndrome de la bosse. Enfin cette fois syndrome du précipice plutôt: il faut encore descendre au fond de la vallée et remonter de l'autre coté. Finalement on arrive au village de Nayagraam. On dévalise toutes les échoppes (CHOCOLAT!), mange un coup et ensuite tout le monde dans le bus pour redescendre sur Chamba, une petite ville. La route est similaire au chemin de trappeur: à flan de falaise. Mais ça n'a pas l'air d’impressionner le chauffeur qui roule d'un bon train.

Nayagraam, retour à la ''civilisation''
A Chamba on prend un autre bus, de nuit celui-là. Ce qui explique certainement le fait qu'il roulait comme un malade sur des routes avec virage en épingle (sans freiner donc). Un beau mix entre le Silverstar et le Bluefire d'Europapark, mais pas top pour dormir...


Spectacle en l'honneur d'une fête religieuse à Chamba
Dernière journée à Chandigar, on se fait littéralement péter le bide et go pour 14h de dodo dans le train jusqu'à Kanpur.

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Spéciale dédicace à: mes converses de montagne

Portrait de chaussures


Converses de montagne: cagues à semelle, ayant pour seule utilité de ne pas marcher pieds nus dans les montagnes. La ''chaussure'' est composée de deux parties: la semelle, et un bout de toile sensé tenir le pied. Sauf que la semelle est en chewing gum fraîchement mâché et que la partie en toile ne maintient quasiment pas la cheville. Résultat, le faux pas est vivement déconseillé, tous les petits cailloux du chemin viennent vous titiller allègrement la voute plantaire et la semelle se désolidarise dès que vous commencez à faire le zouf dans les cailloux. Mais bon, je les aime quand même :) et elles m'ont couté 3 CHFr.


https://www.youtube.com/watch?v=kH3sS3F77kk


jeudi 17 octobre 2013

Trek à Bada Bhangal: Part 1: Kothi Khor (2300m) - Thamsar Pass (4800m) - Bada Bhangal (3000m) // Version Française

 ///English below///

Vous pensiez vous être débarrassé de moi en m'envoyant étudier un an en Inde? Loupé! Je suis toujours vivant et j'ai même une aventure à raconter! Mais cette fois on troque les Alpes pour l'Himalaya.

Avec le groupe du ''Sports and Adventure Club'' de l'IIT Kanpur, on est parti une semaine trekker en Himachal Pradesh, une région située à l'Est de l'Inde, proche de la frontière népalaise. Au programme, passage de deux cols, l'un à 4800m et l'autre à 4200m.

Comme toute aventure indienne, on commence par un long long voyage en train suivi d'un long long voyage en bus. Pas de fait marquant mis à part la rencontre avec mes futurs camarades de trek, tous indiens :) Bakchot!
Photo prise à l'arrache depuis le bus

Ritesh

Après un trajet d'une durée dont je ne veux pas me souvenir et des routes cahoteuses à souhait, on arrive finalement au lieu de départ du trek: Kohti Khor. De là, on s'enfonce dans une vallée jusqu'au  hameau de bergers de Palachak. Au passage on croise quelques locaux qui promènent leur bétail/ caravanes et des chèvres arborants de magnifiques crêtes/bananes punk colorées.


Kothi Khor
Chèvre punk
A l'arrivée au village on croise ça:
Comité d'accueil
Mais appelez la SPA! Après discussion avec les bergers, on apprend que ce n'est pas un mauvais présage pour les voyageurs mais juste une épouvantail à corbeau. Ceux-ci étant présents en trop grand nombre autour de l'étable, les bergers en ont zigouillé un pour servir d'exemple. Le fait est que.. ça marche! Et quand on a vu une de ces bestioles voler un roti (pas de viande, mais trop cool quand même) directement dans l'assiette d'une personne encore attablée, on préfère en avoir le moins possible dans les parages.
On passe la soirée au bord de la rivière et la nuit dans une petite cabane réservée aux gens de passage.
Certains sont déjà gagnés par la folie de l'altitude (cf ci-dessous).
???

Ajeet
Après une nuit tout serré les uns contre les autres tel un couple fraichement marié, levé totot le matin pour partir en direction d'un bivouac situé à 4200m d'altitude.



Réveil des bergers

On commence la journée en remontant une vallée, avec une belle vue sur le ruisseau. Au passage on croise quelques chutes d'eau, ce qui ne manque pas d'émerveiller certains de mes compagnons (la plupart d'entre eux venant des parties ''plates'' de l'Inde, ils n'ont pas souvent l'occasion d'en voir)


Vue sur le fond de vallée, on vient de loin!
Peu à peu, le terrain se raidit. Les nuages nous rattrapent et nous nous perdons  dans l'immensité blanche. Seul le chemin nous guide, quand soudain nous atteignons les premières (et heureusement seules) neiges.

Un des porteurs expliquant à Himanshu la suite du trajet

Crevasse lors de la traversée du névé
Randonneur solitaire ( et à la traine :p )
Nous atteignons finalement notre camp pour la nuit. Cette fois il nous faudra sortir les tentes et les habits chauds. L'altitude se fait déjà ressentir, bien que les effets ne soient pas flagrants. Je me découvre également quelques nouvelles amies en enlevant mes converses de montagne, chaussures de toile achetées pas cher (2 balles XD ) mais valant pas un clou non plus. Vous aurez le droit à un pamphlet en leur honneur plus tard :)



Rouge du soir, espoir.
Debout avant le lever du soleil, départ aux premières lueurs du jour. Il nous faut a tout prix arriver au Pass avant midi sous peine de se retrouver piégés par le mauvais temps. La pente est au plus raide, la progression difficile et je suis bien content de m'être réveillé tous les matins à 5h30 pendant 1 mois pour m'entrainer.


En nous rapprochant du sommet, le décor devient de plus en plus minéral.


Ca y est, on voit le sommet! Plus qu'un dernier petit effort! Wouhou, on est en haut, on est en haut, on est.... à 1h30 du sommet. Un des plus beaux syndromes de la bosse de ma vie.

Syndrome de la bosse: Syndrome typique des environnements alpins, lors duquel vous pensez que la prochaine bosse visible est le point culminant de votre rando et vous découvrez avec une délectation non négligeable qu'il existe encore une bosse plus loin, plus haute et plus ******* que celle que vous venez de grimper.

Heureusement ce jour là il y avait un petit lac pour remplir nos bouteilles, faire une pausounette et manger des aloo paratha. On croise également une brebis égarée, que le guide s'empresse de capturer. Il la portera jusqu'à Bada Bhangal.


On monte encore 100m dans des éboulis et on atteint enfin le sommet (le bon cette fois). Cris de joie étranglés, rires saccadés, danses de la victoire écourtées: et oui, on est à 4800m, ça tatanne.



Imanshu et Ajeet au top

Les winners au sommet (et un piolet)
Le vent nous chasse rapidement et on entame une longue et interminable descente jusqu'au dernier campement avant Bada Bhangal. Petite promenade sur un glacier, certains apprennent à skier, d'autres carrément à faire de la luge (contre leur gré).



Vue sur le Pass (à droite ), toujours autant minéral
Vue sur le camp
J'arrive finalement au camp exténué. L'altitude m'a laissé un sale mal de crâne et je vais me coucher directement. Quelques pilules plus tard ça va mieux et je peux finalement rejoindre mon équipe. 

D'autres personnes sont aussi présentes au camp: des blancs! (toute une brochette). Toutefois, suite à quelques problèmes avec leur guide (un joli trou), nous n'aurons pas de contact, bien que ceux ci me regardent fréquemment, probablement en se demandant ce qu'un blanc fait au milieu de tous ces indiens. 

J'ai trouvé cette ''non-rencontre'' assez bizarre. La manière de voyager des gens dans un endroit aussi reculé m'a un peu surprise. Etant donné que ce trek est très peu connu (à des années lumières de ce qu'on trouvera sur un tour des Annapurna entre autre), je pensais ne trouver que des gros barbus portant leurs gros sacs tous seuls comme des grands avec à la limite un ou deux porteurs/guides en plus pour aider à transporter le camp et tout et tout, pas à voir des gens avec des petits sacs deuters 40L tout mignon et 12 chevaux pour porter le reste. De plus que le jour suivant on a croisé d'autres trekkeuses,  (sacs 20L et 8 porteurs pour 2 personnes), qui ont pris un chemin pour chèvre juste pour éviter d'avoir à me dire bonjour :s . Pourtant moi j'aime les trekkeuses, arrêtez de me fuir! Bref, à des années lumières de l'ambiance chaleureuse à laquelle je m'attendais dans un tel endroit.

Souper simpa avec mes potes, dodo la nuit et le lendemain petite (mais douloureuse, à cause du chemin caillouteux et de mes semelles molles) marche jusqu'à Bada Bhangal. On campe près de l'école, certains jouent au foot avec les enfants du village, le chef nous tiens la jambe un moment.

 Je vous quitte en image et à bientôt pour la deuxième partie du trek, pleine d'imprévus, de sueur et de moments swaggy swag.

Le soir
Vue sur la montagne où habite Shiva (ou Vishnu) à droite (enneigée)
Sameer, heureux de retrouver son gros sac.
Bada Bhangal au fond de la vallée

Bada Bhangal

Ecole du village

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//English//

It was a nice trek... and you can wait some more time for the English version I guess...